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Journées en pampa

Par trotamunda.amel
Journées en pampa
Martes 3 de Febrero
Puerto Natales - Rio Rubens (66 km)

Je pars ce matin en direction du Sud de la Patagonie Magellane. Je pédale donc toute la journée dans la pampa et, contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas ennuyant pour autant. D'ailleurs ce paysage offre de nombreuses possibilités de jeux en tous genres. Par exemple :  estimer la longueur de la route droite qui se dresse devant moi, faire la course avec les vaches ou encore slalomer entre les animaux écrasés sur la route. 

A 15h, j'aperçois un petit point au loin, sur la voie d'en face, qui se rapproche très doucement. Une moto ? un vélo ? un cheval...? Un vélo, bien sûr, et qui plus est, une fille seule. Je me suis souvent entendu dire par les autres cyclos : "Tu es la première fille à vélo seule que nous rencontrons" ou encore "la plus jeune". Alors, lorsque nous arrivons à même hauteur et que nous nous arrêtons, nos paroles résonnent à l'unisson en anglais/espagnol : "Tu es la première fille seule que je croise...". Il s'agit de Lydie, Etasunienne de 25 ans, partie pour un an en Amérique du Sud. Nous échangeons des infos sur nos trajets respectifs et elle me recommande le seul hôtel à 20 km de là pour ne pas dormir seule au milieu de nulle part avec un sacré vent. 

Je m'arrête donc à ce magnifique hôtel à Rio Rubens, du style estancia mais en un peu plus abordable, à 20 euros la nuit. Je sais comment procéder... Lorsque le gérant me communique le prix de la nuit, je fais mine d'être atterrée par le prix et repars en traînant les pieds vers mon vélo. Alors, le gérant me rattrape et me propose de camper au fond du jardin, entre les arbres. A vrai dire je ne sais pas si c'est pour me cacher de la vue des clients ou pour abriter ma tente du vent mais bon... c'est parfait !


Miercoles 4 de Febrero
Rio Rubens - Villa Tehuelches (82 km)

Je prends la route ce matin sous une fine pluie mais très vite le soleil réapparaît de derrière les nuages. D'ailleurs je suis plutôt bien tombée car pendant ces trois jours le vent ne s'est pas déchaîné et le soleil était au rendez-vous. Ici l'écran total est de rigueur. Il ne faudrait pas oublier que le sud de la Patagonie se situe juste sous le trou de la couche d'ozone, et que le soleil s'avère donc être extrêmement mauvais.

En fin d'après-midi,  j'aperçois Villa Tehuelches, un pueblito de 100 habitants et, cette fois, le prix de l'auberge est convenable. Ce soir, je dors dans un vrai lit ! La gérante étant absente, je suis invitée à prendre le thé à l'hôpital, entourée par les trois médecins qui, à en juger par le nombre record de questions qu'ils me posent, doivent s'ennuyer fermement en cette période de vacances estivales.

Je regarde le soleil se coucher sur la vaste pampa qui change de couleur, tour à tour, jaune, orange puis rouge : magnifique ! Je regagne mon lit en ayant pris soin de m'appliquer une bonne couche de biafine sur le visage brûlant et rougi par le vent.


Jueves 5 de Febrero 
Villa Tehuelches - Punta Arenas (102 km)

Dernière journée de pampa avant de rejoindre Punta Arenas. Au bout de 60 kilomètres j'aperçois le tant attendu, le fabuleux, le mythique détroit de Magellan !...A la vérité, celui-ci s'avère n'être qu'une étendue de mer sombre et quelconque. Je suis déçue. Où est ce détroit légendaire dont parle Jules Verne ? Les 40 derniers kilomètres ne sont pas plus réjouissants : paysage désertique et gros pôles industriels se succèdent. Je rencontre en chemin Mat and Jimmy, les deux Etasuniens dont Carlos m'a si souvent parlé. Ils sont partis d'Alaska pour rejoindre Ushuaia (Ça paraît fou, pourtant c'est un itinéraire classique, si je puis dire, et nombreux sont les cyclos que j'ai pu croiser à faire ce voyage extraordinaire). Un petit détail dans leur itinéraire m'interpelle :  ils partent dans une semaine de Ushuaia pour 20 jours en Antartique ! Quelle chance, GENIAL, GRANDIOSE !

Cette étape de 250 km, plutôt facile, prend fin lorsque j'arrive à Punta Arenas, grosse ville portuaire dénuée de charme. L'office de tourisme m'indique le seul endroit où je peux camper en ville, l'hôtel Independencia tenu par le sympathique Eduardo qui laisse son jardinet de 12m2 à disposition des campeurs. Je découvre 11 tentes déjà entassées là, le dernier mètre carré est donc pour moi. Je retrouve ici, entre autres, Laurent (cf. kayakiste Saint maurien de Futa) avec qui j'avais rendez vous, sans toutefois savoir que j'atterrirai dans le même hôtel, ainsi que Sophie et Arnaud, un super couple de franchutes, rencontrés à Torres del Paine.


Viernes 6 et Sabado 7 de Febrero 

Repos à Punta Arenas, ou plutôt à l'hôtel Independencia. Mise à part la pinguineria où je suis allée marcher au milieu des pingouins, il n y a pas grand chose à voir mais on se sent bien chez Eduardo. Il faut dire que se retrouver à 30 dans une petite maisonnette prévue pour 15 touristes a finalement son charme avec sa cacophonie quotidienne, et ses pugilats à l'heure des repas dans la petite cuisine.
Pas mal de français dans l'hôtel, nouvelles rencontres, nouvelles infos... d'ailleurs si vous pensez que  faire du vélo est un peu fou, j'ai rencontré encore plus dingue, et plus difficile à mes yeux : Benoît, avocat parisien de 24 ans, parti 6 mois à pied pour faire Ushuaia - Bariloche. Il revient de deux semaines seul en Terre de Feu, 500 km isolé de tout et de tous, moi, je dis chapeau !
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